Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

Chatillon, Pierre.

La Danse de l'aube. Éd. Harmattan, 2017, 262 p.

Vie de bohême.

Du lever du jour tourne la danseuse de flamenco. Piétinant le jour qui s'affaire, elle tournoie dans sa robe rouge jusqu'à ce que le soleil se meure dans un drapé pourpré.

Le roman de Pierre Chatillon traverse le temps avec un jeune bohémien qui, de Saint-Ignace, un village insulaire, tourbillonne comme un vent sans frontières. De l'île natale à San Francisco, il court après l'amour, mais la grande faucheuse voit à ce qu'il ne puisse prendre racine. Il lui reste heureusement une fille, une danseuse de flamenco, qui virevolte au rythme d'une musique gitane.


Sur ce canevas, l'auteur a brossé le tableau d'un Québécois de 22 ans très scolarisé qui cherche sa voie. D'aventure en aventure, il creuse sa déchéance avec véhémence. Il perd sa bourse d'études pour absentéisme à l'université d'Aix-en-Provence. Il noue des amours qui tournent au vinaigre faute de pécules avant de s'embarquer dans une entreprise de volaille en Burkina Faso. La richesse lui passe sous le nez quand meurent tous les poulets. De fil en aiguille, il se retrouve tout de même professeur de littérature au collège militaire de Kingston en Ontario.

Derrière ses allers terrestres et son cheminement personnel se camoufle une quête d'amour. Il veut aimer avec impétuosité, mais il mène une vie instable dépourvue du sens de la réalité. Sa mayonnaise ne peut pas prendre dans le contexte qu'il impose à ses relations. Et pour gâter davantage sa sauce, il devient le père d'une fille dont il ne peut s'occuper.

Cette trame se moule dans un bloc culturel. Le héros est un amateur d'art et de littérature. Il veut marcher dans les sillons des grands maîtres. Peintres et écrivains de la Provence passent sous sa lorgnette. L'auteur leur consacre de longues pages, trop même, afin d'établir des correspondances entre ces derniers et son protagoniste.

Sous cet angle, le roman est très instructif en plus d'être bien ficelé. Le bât blesse au plan de l'écriture. On peut dire que c'est un roman à papa qui ramasse beaucoup d'idées convenues. Ça fait un peu suranné.